Mal dominant

par Valéry Chartier 08/05/2017 paru dans le Fakir n°(70) mai-juin 2015

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« Voilà des millénaires que les hommes glandouillent dans le canapé. Que cela soit bien clair, la récré est terminée ! » Pour François Hollande, la lutte contre l’assistanat masculin est la priorité du plan égalité femme-homme. Et un vrai projet socialiste : « La révolution, ça commence à la maison ! »

La Répartition du Temps de Travail

« A quoi sert le progrès social si c’est le Moyen Âge à la maison ? » Mesure phare de la loi sur l’égalité homme-femme, la Répartition du Temps de Travail ménager (RTT) fait débat. « L’esclavage domestique c’est fini. Le temps de travail ménager sera dorénavant égalitairement réparti dans le couple, a promis Najat Belkacem-Vallaud. Le privé est politique ».

Aussitôt, le syndicat des hommes a dénoncé une « loi inapplicable qui va ruiner la France » et appelé à la rénovation du « dialogue conjugal ». « Il faut faire confiance aux hommes français pour évoluer. » Et d’alerter quant aux risques qui pèsent sur la compétitivité : « Il ne faut pas enfermer le ménage ou la vaisselle dans un carcan administratif. On ne va pas négocier trois jours pour étendre du linge ! »

La ministre a néanmoins fait un geste en direction des hommes en affirmant qu’elle ne demanderait pas « le remboursement des milliards d’heures supplémentaires déjà effectuées par les femmes  ». Par ailleurs, Pôle Emploi accompagnera les hommes pour leur réinsertion dans la vie familiale : « Il s’agit de stages pour apprendre les gestes simples. Certains n’ont même pas le réflexe de débarrasser la table !  »

Cependant, Najat Belkacem-Vallaud entend rester ferme sur les sanctions. Des peines sévères mais pédagogiques : « Six mois de prison à huit dans une cellule, ça sensibilise au harcèlement sexuel ! »

Théorie du genre

« Non, les hommes ne sont pas tous des fainéants alcooliques et violents ! » Voilà la mission confiée à l’école par le gouvernement : casser les stéréotypes, promouvoir la place des filles et aussi rassurer les petits garçons. « Ce n’est pas parce que papa a le cul greffé au fauteuil qu’ils sont condamnés à l’assistanat ! Il n’y pas de déterminisme biologique à la misogynie.  »

La ministre entend tout d’abord interdire les signes ostentatoires de domination : « On ne peut pas apprendre l’égalité et accepter que les élèves se pavanent avec des tee-shirts fabriqués au Bangladesh par des ouvrières esclavagisées.  » Car lutter contre la dictature du genre, c’est aussi s’attaquer à l’obscurantisme capitaliste. « Un enfant qui a toujours considéré la moitié de l’humanité comme des faire-valoir, faut pas s’étonner qu’il bascule dans l’ultralibéralisme.  » Et s’acharne sur le code du travail.

Mais l’enjeu réclame aussi une refonte totale des programmes et de la pédagogie. « On veut tirer tout le monde vers le haut. Le but n’est pas que les femmes deviennent aussi cons que les hommes. Le modèle n’est pas Christine Lagarde. »

Machistes Anonymes

«  Hier soir j’ai fait la vaisselle ! » Antoine, 37 ans, savoure chaque petite victoire sur la maladie. « C’est dur de voir ma femme vautrée devant la télé pendant que je débarrasse la table, mais je tiens le coup. Je suis machiste abstinent depuis deux mois.  » Antoine fait l’admiration de beaucoup aux réunions de son quartier. Mais chacun va à son rythme. Car il faut d’abord lutter contre les symptômes physiques. « Sueurs, nausées, fièvre  » : Mathieu décrit son calvaire. « J’ai laissé les clés du 4x4 à bobonn... heu, à ma femme. J’ai cru voir la mort en face.  » Pour certains, le chemin est encore long.

« On rencontre des hommes fatigués. Travailler le soir chez eux, les double-journées, ils n’y sont pas préparés. » François R. anime les réunions des machistes anonymes d’Amiens. « Misogyne repenti et abstinent depuis six ans  », il se veut lucide : « On ne guérit pas de la misogynie. On adopte des stratégies, mais elle est toujours là. Moi, quand mon chef a été remplacé par une femme, j’ai changé de service. Torcher les gamins je veux bien, mais être dirigé par une gonzesse...  » Voilà pourquoi François recommande aux hommes des moments de détente, de décompression. « Il est important de se ménager des moments à soi, pour faire la vidange, ou boire une bière. Ça aide à lutter contre la rechute.  »


Malgré tout, les récidives sont nombreuses : « Un match de foot, une chronique d’Eric Zemmour, un article de Fakir et c’est six mois de thérapie qui partent en fumée.  » Un combat de chaque instant contre des démons qui ne s’avouent jamais vaincus, comme le concède Pierre S. de la section ardéchoise : «  Putain c’est dur ! J’ai moins galéré pour arrêter de boire. »

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Vos commentaires

  • Le 16 mai à 16:25, par claudine En réponse à : Mal dominant

    Très drôle ! Merci pour cet éclat de rire d’après boulot, ça fait du bien !

  • Le 16 mai à 13:25, par Béru En réponse à : Mal dominant

    Exercice de français.
    Mettez au masculin la phrase suivante :
    « Elle fait la vaisselle dans la cuisine. »

    Réponse :
    « Il est assis devant la télé, dans le salon. »

  • Le 11 mai à 10:25, par olag En réponse à : Mal dominant

    blablabla... voilà qu’on veut entrer dans notre intimité et tous les moyens sont bons. On est assez grands pour se répartir les tâches à la maison, on sait comment faire, on n’a pas besoin de conseils non plus en ce qui concerne notre vie intime. Bref, les fachos sont au pouvoir depuis 40 ans et ils ont apparemment de beaux jours devant eux. Voici qu’ils veulent maintenant nous imposer des compteurs intelligents, des espions électroniques (comme si on était pas assez fliqués). Tout ce qu’il nous reste à faire, c’est fuir dans un coin qui n’a aucun intérêt pour eux. Le désert peut-être, ou l’antarctique, à condition, bien sûr, qu’il n’y ait aucun gisement exploitable.