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Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

25% des jeunes en dépression : la souffrance s’installe, l’État détourne les yeux.

J’avale de travers, ce matin en buvant mon café : la radio m’annonce que « 25 % des jeunes souffrent de dépression ». Je monte le son. « Un quart des 15-29 ans souffrent de dépression, c’est la conclusion d’une enquête révélée ce 3 septembre. » Un jeune sur quatre, donc… Face à cette situation dramatique, que fait l’État ?
Santé mentale des jeunes

Publié le 3 septembre 2025

L’enquête publiée ce 3 septembre par l’Institut Montaigne, la Mutualité française et l’Institut Terram (un groupe de réflexion lié à l’étude des territoires) révèle donc que 25 % des jeunes de 15 à 29 ans souffrent de dépression*.

Sans surprise, le sondage rappelle que les difficultés économiques et sociales que rencontrent les jeunes (comme leurs difficultés à se nourrir, notre reportage l’avait constaté ici) influent sur leur santé mentale – qui est d’ailleurs censé figurer comme « grande cause nationale » en 2025.

Depuis la crise sanitaire, le sujet fait davantage qu’avant imposé dans le débat public. Mais pas encore assez pour prendre la mesure d’un phénomène d’ampleur, structurel, qui mène parfois aux pires drames. Car un autre chiffre fait froid dans le dos : 31 % des 15-29 ans ont répondu qu’ils avaient, dans les deux semaines avant de répondre à l’enquête, envisagé de se faire du mal, voire de mourir. Cette souffrance silencieuse, elle est pourtant évoquée depuis plusieurs années, à travers de nombreux rapports. Pour y répondre, on manque de moyens, de lits, de lieux, de personnels, de vocations. Malgré les alertes, tout le monde s’en fout : notre jeunesse brûle et on regarde ailleurs. Nos dirigeants les premiers, alors qu’ils ont laminé l’école publique, où beaucoup de cas pourraient être détectés et traités, où on manque aujourd’hui d’infirmières (une pour 1558 élèves), de psychologues (un pour 1500 élèves), de profs, d’assistants d’éducation…

À Fakir, on vous avait raconté cette situation dans notre dossier du n° 107, « Bienvenue en sous-France ».

Ça commençait au Centre médico-psychologique de Rosny-sous-Bois…

« Alors, là, tu vois, dans ces deux gros classeurs jaune et violet, tu as les enfants en attente. Cette partielà, c’est les « prioritaires ». Et là, la pile qu’on fait dépasser, c’est les « urgents ». Des gamins qu’on devrait recevoir vraiment tout de suite, au plus tard dans les trois mois, parce qu’il y a un vrai risque. Mais pour eux, c’est neuf mois d’attente, en moyenne… Par contre quand il y a un risque, suicidaire par exemple, on prend l’enfant en charge tout de suite. Et après, pour les urgents, quand on les a reçus pour l’entretien d’accueil, ils ont encore une seconde liste d’attente en interne pour voir une psychomotricienne, un groupe thérapeutique, ça peut durer plusieurs mois encore. On doit choisir entre des enfants qui ont tous besoin de soins. Ça me rend dingue.
— Ah oui, quand même… Et pour les
« prioritaires », alors ?
— Les prioritaires, on les recevra jamais,
je te le dis honnêtement.
— Ah… »

Lire la suite.

* Le questionnaire PHQ-9, dans l’enquête pour déterminer l’état de dépression des jeunes, ne remplace pas la discussion avec un professionnel et son avis suite à cet entretien, mais il est utilisé par les médecins pour évaluer l’état mental des jeunes.

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