Quand le marché piétine le bio (et le reste)

Entre la fronde des agriculteurs, le maraîcher bio de Camille et son copain émilien, on a trouvé le lien. C’était pas dur, vu que ce sont les mêmes ennemis, ceux qui ruinent nos paysans et la planète depuis trente ans : concurrence, marché, mondialisation…

Publié le 23 février 2024

Caen, le 10 septembre 2023

« C'est à qui le tour ? — Bonjour, je voudrais un kilo de... — Désolé madame, je crois que le monsieur était là avant. — Ah bon, vous êtes sûr ? — Oui, oui. — Ah, je l'avais pas vu. — Quand même, il est pas petit ! » Au marché, c'est presque systématique : malgré mes deux mètres et des brouettes, il y a toujours une mémé toute attendrissante, hors de tout soupçon, qui se rapproche de l'étalage pour tâter les tomates et, l'air de rien, centimètre par centimètre, finit par s'installer juste devant moi dans la file bondée. Mais ce matin-là, pas de bol pour elle : Arnaud, le maraîcher, avec sa tignasse rousse et ses favoris de rockeur, ne tolère pas la resquille. « Je sais pas pourquoi, je me fais tout le temps gruger par les mamies. Faut dire qu'il y a toujours un monde, devant ton étal ! Arnaud : Ouais… Sur les marchés, on vend encore bien quand il fait beau, mais pour le reste, c'est compliqué, le bio. — Ah oui, j'ai lu ça dans la presse, vos soucis avec une Biocoop. Il s'est passé quoi, en fait ? — Ce qui s'est passé, c'est que le magasin a été placé en redressement judiciaire sans qu'on soit au courant. Pendant deux-trois mois, ils ont plus rien commandé en local, ils prenaient tout à la plateforme, au moins cher. Encore maintenant, on m'envoie bouler parce que mes produits sont 50 centimes plus chers que dans le Sud. "Vous, les locaux, vous êtes trop chers !

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