Date : 11/09/2026; 17H12
Objet : lettre d'un petit syndicaliste du Cantal.
« Bonjour Fakir,
je t'envoie une lettre que je viens d'écrire. Elle est brute, je pense même qu’elle doit être retravaillée.
Je voulais juste faire un essai, peut-être avec ton aide, la travailler.
Je suis en arrêt, épuisé par l'incapacité d'agir pour mes collègues et amis.
Merci pour ton écoute. »
Ce vendredi, sur notre messagerie, on découvre le mail de Lény. Et pour tout dire, on est un peu inquiets. On connaît le zèle des délégués qui accompagnent les collègues et portent la voix pour les autres. On sait combien ça fatigue. Lény est de cette trempe, délégué syndical FO dans une clinique privée du groupe Elsan, à Aurillac, dans le Cantal. Comme tant d’autres, il aimerait soigner, plutôt qu’écrire. Mais voilà, nous écrire, aussi, c’est soigner son âme et sa douleur.
« Je n’ai pas dormi de la nuit… »
Lény poursuivait : « Hier je n’ai pas pris de médicaments : je n’ai pas dormi de la nuit.
Depuis des mois, mes collègues délégués et moi, nous nous battons pour défendre le bien-être de nos collègues au travail. On travaille dans la santé : rien de plus logique.
Pourtant, nous coûtons trop cher à notre société. Nous sommes une clinique privée dans la galaxie d’un groupe privé, avec un objectif de rentabilité.
Les gens me disent ‘‘Lény, je préfère



