Dominique Bourg : « On sort de la société de consommation »

par François Ruffin 24/02/2020 paru dans le Fakir n°(92) Date de parution :

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À l’occasion de ma mission d’information sur les « Métiers du lien », nous avons rencontré le philosophe-écologiste Dominique Bourg. Durant une heure, on a navigué entre Hegel et l’hôpital, entre Darwin et le supermarché, et ça fait partie des moments d’intelligence que je veux partager, ne pas garder pour moi…

Dominique Bourg : L’histoire d’une propriété sans limite, c’est vraiment un truc moderne. Dans toutes les cultures, dans toutes les sagesses, est toujours posée l’auto-limitation. Chez les Grecs, c’était très clair, il y avait des bornes, et eux distinguaient l’échange économique de la « chrématistique », comme l’a nommée Aristote. D’un côté, je suis boulanger, je ne vais pas me chausser avec mes baguettes, et si je suis cordonnier je ne vais pas manger mes semelles, donc j’ai besoin d’échanger mes baguettes pour avoir des semelles etc. L’échange économique est borné par les besoins naturels. La chrématistique, c’est le marchand qui, lui, achète un bien, non pas pour le consommer, mais pour le revendre, pour ensuite acheter un autre bien et le revendre à nouveau, et donc pour augmenter son capital. Dans toutes les civilisations, vous allez retrouver ça : il existe un optimum de biens, au-delà ils ne vous apportent plus rien. C’est prouvé, d’ailleurs, maintenant : au-delà de 20 000 $ de PIB par personne, le bien-être ne progresse plus. Même la dopamine, lors des achats, ça devient très léger. Alors que passer d’un appartement insalubre à un logement correct, c’est un bien d’infrastructure, qui va vous bénéficier longtemps, changer votre vie. Quant à la propriété individuelle exclusive, le droit d’user et d’abuser selon Portalis, elle advient avec le Code Napoléon.

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