Ecopla : démobilisation générale !

par L’équipe de Fakir 02/01/2017

Version imprimable de cet article Version imprimable Enregistrer au format PDF

On a besoin de vous

Le journal fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

Le jeudi 14 décembre, à la Bourse du Travail de Grenoble, les anciens salariés d’Ecopla s’étaient prononcés, à l’unanimité, pour la reprise de l’usine à l’occasion d’une opération citoyenne.

Des événements sont intervenus depuis, à Saint-Vincent-de-Mercuze, qui leur ont fait changer d’avis. La parole restant évidemment aux salariés, la manifestation du samedi 14 janvier est annulée.

Quels « événements », plus précisément ?

Côté carotte : l’ouverture de négociations, prévues pour le mardi 10 janvier, au ministère de l’Economie, avec le groupe italien Cüki. Mais que le gouvernement, et leur avocat, ont conditionné à l’annulation de la reprise.

Côté bâton : pour accompagner les camions de déménagement italiens, des dizaines de gendarmes furent déployés sur le site, ainsi qu’une kyrielle d’huissiers. Cet étalage de force armée, cette ombre du tribunal, a impressionné les salariés. Qui ne souhaitent pas, en plus, même bien entourés, encourir un risque judiciaire.

C’est la mobilisation, la nôtre, la vôtre, qui a permis cette ouverture, bien tardive, des négociations. Nous espérons qu’elles aboutiront. Avec scepticisme, cependant : les salariés d’Ecopla ont été bien des fois dupés…

Nous comprenons évidemment leur décision : la peur joue, la fatigue aussi, l’usure, après deux années d’une lutte exemplaire, de déceptions en trahisons, espérant tantôt d’un ministre, tantôt de la Justice.

L’on ressent pour eux, avec eux, un immense écoeurement devant ce gouvernement qui n’a jamais bougé un petit doigt pour les protéger des financiers-rapaces, un gouvernement qui a oscillé entre complaisance, indifférence, impuissance face à la banque Barclay’s, face à l’actionnaire sino-australien, face au groupe italien, un gouvernement aux abonnés absents pour défendre les droits des salariés. Mais un gouvernement qui, là, sait afficher sa force pour faire respecter le seul droit qui vaille : le droit de propriété.

Dans tout ce dossier, le gouvernement a choisi son camp : celui de la finance. Leur adversaire, ce sont les salariés.
Il lui reste une ultime chance de prouver l’inverse.

Écrire un commentaire

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Vos commentaires

  • Le 5 janvier 2017 à 13:03, par Fernando En réponse à : Ecopla : démobilisation générale !

    De ce que j’ai compris, le groupe italien a acheté les machines de l’usine pour 1.5millions d’euros. Mais Ecopla possède environ 3 à 4 millions d’euros.
    (Déjà, est-ce que c’est des infos fiables ?)

    Et du coup, il y a une préparation ? Une stratégie avec quelques plans sous le coude en fonction de ce qu’il va se dire à ces négociations ?

    Par exemple (en vrac et sans même savoir si c’est ce que veulent les Ecopla) :

    • Ecopla propose 1.515millions d’euros pour que les Italiens récupèrent leur argent et que les machines ne bougent pas de l’usine (avec une compensation de 10000euros pour le groupe et 5000euros pour que les petites mains Italiennes qui se sont pelées dans le froid à côté de l’usine gardent tout de même un bon souvenir de ce côté des alpes ;) ) ?
    • Ecopla propose la reprise de l’usine avec relancement des chaînes de productions dès la semaine d’après les négociations ?
    • Ecopla est prêt à céder un partie des machines aux Italiens (histoire de rentrer un peu de cash et de renouveler les machines), sans rien céder des moules, qui paraît-il sont le nerf de la guerre des plats en alu.) ?
    • Comment on réagit (Ecopla et sympathisants) si le gouvernement propose aux Italiens de continuer à récupérer leurs machines ?
    • Comment on réagit (Ecopla et sympathisants) si les Italiens proposent 2 millions d’euros au lieu de 1.5 pour continuer l’achat des machines ?
  • Le 5 janvier 2017 à 12:40, par Forestier En réponse à : Ecopla : démobilisation générale !

    Aucune illusion à se faire. Reste les prochaines élections, leur dire ce qu’on pense d ’ eux, de leur lâcheté, et faire en sorte que le PS n’ait même pas de quoi avoir un groupe à l ’ assemblée. Notre bulletin de vote est notre arme ultime.

  • Le 3 janvier 2017 à 09:44, par Frédéric En réponse à : Ecopla : démobilisation générale !

    Victoire ou défaite, c’est un changement de règles de ce type qui doit être gagné :

    http://www.humanite.fr/une-loi-pour-ne-plus-connaitre-dautres-ecopla-626225

    Pour ne vivre « Plus jamais çà ! » ...

    "Trois évolutions légales sont évoquées. La première est de contraindre les présidents de tribunaux de commerce à s’emparer du cas d’une entreprise en difficulté lorsque trois alertes leur ont été envoyées, provenant des organismes sociaux, des commissaires aux comptes ou des salariés. À charge pour ces juges consulaires de demander des informations tangibles aux dirigeants et de ne pas lâcher le morceau le temps que l’activité reprenne des couleurs. Un suivi qui a manifestement manqué à Ecopla.

    Deuxième piste : obliger le mandataire judiciaire à examiner au même niveau une offre de reprise d’activité et un plan de cession d’actifs.

    Troisième infléchissement, « même si le mandataire social n’a plus aucun droit sur une entreprise lors d’une procédure de cession d’actifs, il continue d’avoir une existence juridique et à être informé. Ce droit doit être équivalent pour les instances représentatives du personnel, qui devraient pouvoir engager des procédures ».

  • Le 2 janvier 2017 à 19:51, par elsensohn En réponse à : Ecopla : démobilisation générale !

    Pas facile facile, facile mais en tout cas, sympa d’avoir pu suivre l’aventure de loin.
    On se préparait pour le 14 janvier.
    Bon courage aux Ecopla pour la suite et surtout pas de regrets.
    Bravo pour tout ce qui a été fait.
    sabine

0 | 5