« J’ai eu une bonne enfance jusqu’à mes huit ans, mais à un moment de ma vie, je suis passé d’un père qui jouait avec moi aux petites voitures en rentrant le soir, qui me faisait faire des activités, à un homme qui dormait le jour, qui ne nous connaissait pas, et qui ne savait même pas si on avait des lunettes, notre couleur préférée, ou dans quelle classe on était. » Il est imprévisible, Marius : derrière son apparence tranquille, presque inoffensive, l’étudiant en philo de 20 ans, sous son chapeau beige, ses lunettes sages et petite barbe post-adolescente, est capable de vous sortir une anecdote d’une rare violence. « Les gens disent de mes livres qu’ils sont étonnants, c’est pareil pour ma manière d’être. Je ne suis pas quelqu’un qui sourit très souvent, pas très vivace, mais je peux parler pendant des heures, développer, rigoler... »
Dans le café où il m’a donné rendez-vous, en centre-ville de Caen, Marius m’attend à l’étage dans un canapé en cuir couleur caramel, en compagnie de sa fiancée, Océane, 19 ans. C’est dans ce décor vieillot mais cosy, avec sa grande verrière, que Marius aime s’installer pour écrire nouvelles et romans. Il en a déjà pondu trois. Et il en a vingt-trois autres en cours. « Je m’éparpille beaucoup trop ! J’ai avancé sur deux ou trois, mais les autres sont au stade de l’introduction. J’ai aussi des projets musicaux, une nouvel



