Pablo Servigne, Dominique Bourg : « Couper le cordon avec l’ancien monde »

25/05/2020 paru dans le Fakir n°(93) Date de parution :

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Le premier à qui j’ai pensé, quand le grand stop est arrivé, c’est Pablo Servigne, « collapsologue », auteur notamment de Comment tout peut s’effondre et surtout de L’Entraide (mon préféré, un indispensable).
Alors je l’ai appelé depuis ma cusine.
Et dans la foulée, son complice et ami, le philosophe Dominique Bourg (qui est aussi un peu le mien, je pense, de complice et d’ami).
Je rassemble les deux entretiens en un.

Pablo Servigne : Ce n’est pas une première secousse, c’est une secousse parmi d’autres. Depuis cinq ans, depuis la parution de Comment tout peut s’effondrer, nous avons traversé des sécheresses, des canicules, des mégafeux, les attentats, Trump, le Brexit, des chocs à répétition. Même si là, c’est vrai, c’est un choc global, systémique, qui révèle combien notre société est hyper-vulnérable, car globalisée, à flux tendus, sans stocks. Cela rend la situation explosive : tout grain de sable risque de faire dérailler la machine. Toute étincelle peut produire un incendie. Là, l’étincelle, c’est une pandémie. Sur la réaction à cette secousse, on assiste à un retournement incroyable : c’était la guerre politique contre les services publics, les services sociaux, les peuples, le peuple, le vivant, et maintenant tout ça s’est comme par miracle inversé ! Tous unis contre un ennemi commun, un virus ! Il y a un climat d’exception. Je ne parlerai pas de guerre mais d’un état d’exception, une période exceptionnelle où tout peut arriver. Une brèche s’est ouverte, et moi, ça m’a tout de suite rappelé La Stratégie du choc de Naomi Klein : c’est justement dans ces moments-là, de secousse, de choc, de sidération, que les politiques néolibérales, antisociales, s’implantent brutalement. Donc, si on reste passifs, on va s’en prendre plein la figure. La question, c’est : parviendra-t-on à inverser la stratégie du choc ? À ne plus subir les politiques antisociales, compétitives, de contrôle, mais à profiter de la brèche pour amener une société d’entraide, pour la construire.

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