« On y a tellement cru qu’on ne s’y attendait pas. C’est vraiment nous couper l’herbe sous le pied alors qu’il nous manquait un mois pour finaliser le projet… ». Leslie, une salariée,se désolait, au micro de RadioFrance. Jeudi 10 avril, le tribunal de commerce de Lyon a rendu son verdict : l’usine de chimie sera reprise par le géant de l’industrie chinoise Wanhua, un de ses concurrents. Clap de fin pour les 500 salariés de Vencorex, installé au Pont-de-Claix, près de Grenoble. « C’est 120 ans d’histoire industrielle partie en fumée », soufflait au Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole.
Une hécatombe pour l’emploi
Vencorex, c’est une usine chimique sui produit en particulier un sel spécial essentiel pour les fusées spatiales et les missiles. Même si on n’est pas spécialement fan des armes, on peut comprendre l’intérêt stratégique d’une telle industrie, et le besoin de la garder dans le giron national. Or depuis septembre 2024, Vencorex est en redressement judiciaire. Pour éviter que l’entreprise ne tombe entre les mains d’investisseurs étrangers, trente-sept salariés se mobilisent alors et conçoivent en urgence un projet de société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) qui prévoit la sauvegarde de 300 emplois sur plus de 400.Le 6 mars 2025, les salariés demandent un délai, rien qu’un petit délai supplémentaire d’un mois afin de proposer un dossier pérenne



