« Ça commence à chauffer de partout, je te le dis. 580 balles par mois, pour aller bosser ? Sérieusement ? Ça devient vraiment pénible. Je vais peut-être devoir arrêter des chantiers trop éloignés. Il faut qu’ils fassent attention, ça va vite se tendre. » Hassen, lunettes de soleil teintées, descend de son Trafic. On est dans une station essence de Haute-Savoie, au milieu des montagnes. Les chiffres défilent sur la pompe. Ils finissent par ralentir puis s’arrêter : 192,80 euros. « Tu as déjà vu ça toi ? 192 balles le plein… Moi, j’ai jamais vu ça de ma vie. Je fais trois pleins par mois, quatre-vingts litres à chaque fois, ça fait près de 600 balles à la fin du mois. Et je suis à mon compte, je ne touche aucune aide. Les chantiers qui sont trop loin, on va arrêter. Dans le devis pour un chantier, on ne compte pas le gazole dépensé. Je vais dire quoi aux clients ? »
« Soit ils reviennent à 1,70 le litre, soit ils vont se manger le retour des Gilets jaunes, bien véner. »
Hassen a le visage fermé, une colère froide. « Tu crois qu’ils prennent combien sur nous ? Ils profitent à combien ? » Le « ils » de Hassen, c’est « l’État ». « Soit ils reviennent à 1,70 le litre, ils bloquent les prix, soit ils vont se manger le retour des Gilets jaunes, bien véner. Le 17 octobre, t’en as pas entendu parler ? Ils vont co



