« Vous êtes fous ! », leur disait-on, à l’époque, aux héros du CNR qui imaginaient une solidarité nationale, rêvaient de mettre fin à nos malédictions millénaires – la vieillesse, la maladie, la pauvreté – contre lesquelles on était jusque-là démunis.
Et pourtant, ils l’ont fait : la Sécu deviendra le patrimoine de ceux qui n’en ont pas, de celles qui n’ont rien. Au point que leur volontarisme, leur imagination et leur sens du bien commun pourraient donner des idées à nous gouvernants actuels, à la vue si basse, à l’idéologie si étriquée…
L’arme fatale d’Ambroise.
Que prévoyait le programme du Conseil National de la Résistance ? « Un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État. »
C’est une arme fatale contre la pauvreté qu’instaure le ministre des Travailleurs, Ambroise Croizat (que Fakir a fait entrer dans le dictionnaire, et on en est sacrément fiers !).
Le miracle s’accomplit, d’abord pas à pas, de caisses ouvrières en coopérations solidaires, jusqu’à la contre-attaque – d’abord timide – des grands patrons, d’une partie de la presse, bientôt des politiques : « La Sécurité sociale est devenue pour l’économie une charge considérable. Les sa



