« J'ai entendu un craquement dans mon cou, j'arrivais même pas à bouger le bras… » Lina m'a appelée ce matin, pour me raconter. Elle est salariée chez Aldi, la grande surface discount, depuis plusieurs années maintenant, mais ne supporte plus ses conditions de son travail.
Quelques mois plus tôt pourtant, elle allait encore au travail sans se douter du changement brutal qui l'attendait. Une nouvelle direction qui arrive en janvier. Les remarques qui commencent. Au début, pour « rire », on lui demande de démissionner. Elle n’en parle à ses responsables, on trouve des excuses à la manager qui l'incrimine, « c'est juste sa façon d'être, il ne faut pas écouter ». Rien ne change. Elle voit, au contraire, la pression, les tâches et le travail augmenter.
Plus elle alerte, plus la situation se dégrade.
Plus qu’un supermarché discount, en Allemagne, la chaîne Aldi est une gloire nationale. Son concept : réduire les coûts au maximum. Décoration sobre, des employés polyvalents et rapides, payés a minima, pas de marques dans les rayons. Mais dans plusieurs magasins français, c'est aussi des drames comme celui de Lina, provoqués par un système bien huilé : pression sur les salariés, changements de planning, mutations, menaces de renvoi…
« C'est une pratique généralisée chez Aldi », affirme Djamel Saibi, délégué syndical CGT chez Aldi. « On vous pousse à la sortie de manière dissimulée », résume-t-il.



