« Couler du béton quand il fait trop chaud, c’est dangereux. L’effort est plus intense, le béton sèche beaucoup plus vite, se fissure, le rail se dilate avec la chaleur… À partir de 36°C, c’est trop dangereux. L’autre jour, il y a eu un pic à 42°C, 43°C, à 11h30, on s’est arrêtés. On est rentrés à la maison. » Nordine, casque orange vissé sur la tête, me montre les rails du tramway. On est sur le chantier du prolongement du T1, entre Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis) et Val-de-Fontenay (Val-de-Marne). C’est en bas de chez moi, la barrière était ouverte, donc j’étais entré ! Coulibaly, en combinaison orange de la tête au pied, m’avait désigné Nordine, en train de piloter un tractopelle. Arrivé à sa hauteur, il baissait la vitre, coupait le moteur et faisait signe à Issa et Coulibaly de venir.
Fakir : « Vous faites quoi comme boulot tous les trois ?
Nordine : Je suis chef de chantier.
Coulibaly : On est ouvriers, poseurs de voies.
Issa : On pose les voies du tramway.
Fakir : La livraison, c’est prévu pour quand ?
Nordine : La fin des travaux, c’est pour fin 2027, normalement.
Fakir : Et ça ressemble à quoi, vos journées ?
Nordine : On commence à 7h15 le matin, on attaque par le briefing. Et on enchaîne avec l’échauffement musculaire.
Fakir : Un échauffement musculaire ?
Coulibaly : Oui, les poignets, les coudes, jusqu’à la tête. Après on



