« Les courageux vont essayer de s'y mettre, je n'en ferai pas partie : l’État a décidé de rendre obligatoire la facturation électronique pour toutes les entreprises, même les petits artisans comme moi. Ce n'est pas juste une tâche supplémentaire, mais c'est celle qui va nous tuer. Le 31 août 2026, je baisserai le rideau. »
Fin avril, l'e-mail qui nous est arrivé de Bretagne nous a profondément touchés. Il est signé par Hervé (son prénom a été modifié), un artisan d'une cinquantaine d'années qui travaille à son compte comme poêlier. Ce métier, il l'exerce depuis une dizaine d'années, après des expériences comme cuisinier, puis auxiliaire de vie sociale auprès d'élèves handicapés moteurs – « on dit AESH, maintenant ! ». Et sa spécialité, désormais, ce sont donc les poêles de masse, des installations centrales qui servent à la fois de chauffage et de four. Hervé les fabrique et les pose brique par brique, avec sa scie, ses outils, son savoir-faire. « Je fais tout de la conception au service après-vente pour que ce soit adapté à chaque situation. Un poêle, c'est 200 heures de travail, il faut six semaines en tout, mais c'est quelque chose qui sera réversible, modifiable, réparable, et qui normalement satisfera le client pour les 40 années à venir ! »
« Travailler dur ça va, gagner peu ça va. Mais pas les deux à la fois. »
Pour Hervé, le quotidien, ce sont des



