« C’est hardcore depuis lundi. Je pars plus tôt de chez moi, à 4h00 du matin, pour arriver sur le chantier à 5h00. Un collègue vient me chercher en voiture à Issy-les-Moulineaux, t’as zéro transport à cette heure-là. On a le droit de commencer deux heures plus tôt, mais avec le casque, le harnais, les chaussures de sécu’, même si on bosse en short et torse nu, c’est hardcore. Quand tu rentres à treize heures pour faire la sieste, il fait trop chaud, du coup, je suis venu ici… » Ali est chaud en salto. Il saute du pont au niveau de la Grange-aux-Belles. Il doit bien y avoir trois ou quatre mètres de haut. Mais cette fois-ci, c’est un gros, gros plat… Ouah, ça doit picoter, je me dis...
En bas, dans le Canal-Saint-Martin, il y a foule. Les pelouses sont blindées, pire que sur la Côte d’Azur. Je descends, et je tombe sur Ahmed et Maky. En voyant la bonnette Fakir, ils viennent me voir : « On va passer à la télé ? » Tous les deux sont collégiens, juste à côté. « On est venu parce qu’ils ont autorisé la baignade, la police nous laisse tranquille. À la maison ça va, mais à l’école, c’est honteux. Les ventilos ne marchent même pas. Et la piscine c’est 3,60 €, c’est cher, du coup on vient là tous les jours ! » Maky pousse Ahmed dans l’eau, et tente un plongeon.

Le droit à la fraîcheur (et aux plats qui rou



