« C’est des conditions pour étudier ça ? »
Rosny-sous Bois (Seine-Saint-Denis), 7h52 :
« Les manuels scolaires, on n’en a toujours pas. Et on est mi-octobre… Il n’y a jamais de papier toilette, des toilettes sont fermées depuis des années, d’autres ne ferment plus, les poignées sont bloquées donc tu peux rester coincés… Rien pour les serviettes hygiéniques non plus. Pas assez de tables et de chaises, on étouffe pendant les canicules et on sort les doudounes l’hiver… C’est des conditions pour étudier ça ? » Devant le lycée Charles-de-Gaulle à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, tôt ce matin, je tombe sur Kahina, élève de Première. Elle est accompagnée de Aissetou, Amaya, Loan et Navena. Malgré la pluie, elles viennent bloquer leur bahut. La veille, lundi, le lycée avait rouvert ses portes. Pour décider ensuite de les refermer pour cette dernière semaine avant les vacances. Devant la grille, plusieurs centaines de lycéens sont réunis, soutenus par une poignée d’enseignants. Une sono crache des morceaux du rappeur MHD, Maman j’ai mal, certains dansent. Sur la grille verte, un poing levé dessiné sur une grande banderole blanche. Mon cahier est de sortie, mais mon stylo bave sous la pluie.
« Tu te rends compte, on est trente-cinq par classe, trente-cinq ! On ne vit pas, on ne travaille pas dans un bon cadre. Et je ne te parle même pas des horaires ni de l’emploi du temps. Quand tu commences à 8h, q



