Fakir : Vincent Bolloré est-il un héritier comme 80 % des milliardaires français selon l’étude du Financial Times ?
Marie Bénilde : Oui, au départ, Vincent Bolloré est essentiellement un héritier. Il le reconnaît d'ailleurs volontiers. Il dit souvent qu'il a eu la chance de naître « dans une famille riche et célèbre ». Jusqu'à ce qu'il entreprenne d'acquérir des médias (avec son OPA ratée sur Bouygues), il rassure le petit monde établi de la haute bourgeoisie car son dessein est de reconquérir une position compromise par l'état de faillite de son père. Il démarre avec un prêt gratuit d'Edmond de Rothschild puis le soutien d'Antoine Bernheim, parce qu'il fait déjà partie du sérail.
Fakir : A quel moment sa trajectoire rencontre-t-elle l’extrême droite ?
Marie Bénilde : C’est difficile à dater, mais il est vrai qu'il se sentait très proche de son oncle Gwen-Aël Bolloré, dont il rappelle souvent qu'il avait débarqué à 18 ans avec le commando Kieffer en 1944, moins que c'était un partisan de l'Algérie française et l'éditeur de figures réactionnaires comme Jean-Louis Tixier Vignancourt. [NDLR : premier candidat d’extrême droite à une présidentielle, en 1964.]
« Dès le début de son ascension, Bolloré se présente comme un défenseur de la démocratie. »
Fakir : Quand Bolloré rencontre Michel Calzaroni, un ancien du groupuscule d’extrême droite Occident, et qu’il le choisit comme comm



