« Les soins psychiatriques sont mieux adaptés dans des bâtiments horizontaux, quand il y a des jardins, etc., plutôt que dans des immeubles verticaux : tu as moins l’effet de claustrophobie qui crée de la pression supplémentaire. ça rend moins stressant les prises en charge… » Benjamin est infirmier au CAC, le centre d’accueil et de crise, une unité de soin psychiatrique de l’hôpital Sainte-Anne, à Paris.
- Mais alors, pourquoi vous voulez partir ? »
Ronny, aide-soignant, et Imelda, infirmière du CAC, aujourd’hui à la retraite, qui nous ont rejoints, nous interrompent d’un geste : un membre de la direction nous observe, plus loin, derrière les grilles. Il faut dire que la lutte des soignants dure depuis un an. Et que c’est tendu…
Loin des asiles d’aliénés
On s’éloigne, du coup : Benjamin me fait visiter le parc de l’hôpital GHU, à Paris. Il y a des jardins, des bâtiments en pierre ocre, des colonnades surmontées d’une charpente en bois. Plus loin, dans un bout du parc, résonne Bob Marley. Les soignants antillais proposent des repas : c’est la fête de l’association Kanel, une asso antillaise qui travaille avec le GHU.
Imaginé par Ginette Amado, psychiatre française engagée pour des soins humanistes, le centre d'accueil et de crise de l’hôpital Sainte-Anne est loin, très loin des asiles d’aliénés qu’on connaissait encore avant et après la seconde Guerre mondiale



