« Parce qu'on est étrangers, qu'on ne parle pas très bien français et qu'on ne le lit pas très bien non plus, ils en profitent pour nous payer moins, nous faire travailler plus, et abuser de nous. Ça ne pouvait plus continuer... » Son français est un peu hésitant, alors Alex* préfère poursuivre la discussion en anglais. D'origine africaine, Alex travaille comme agent d'entretien à Vitacuire, une usine de Meyzieu, dans l'Est lyonnais, qui produit des biscuits apéritifs surgelés. De 22h00 à 5h00 du matin, ses collègues et lui nettoient les locaux de l'entreprise, et certaines des énormes machines qui sont au repos la nuit. Tous sont étrangers, venus du Sénégal, du Nigeria, d'Algérie, de Syrie ou de Roumanie, et n'ont trouvé que ce travail de nuit, physiquement épuisant, voire risqué. « On a tous quitté notre pays, on est tous arrivés ici sans parler français, et on doit tous travailler pour garder nos papiers, payer les factures et survivre, explique Alex. C'est pour ça qu'on finit par accepter de nettoyer une usine avec des produits dangereux, au milieu de machines et d'outils qui peuvent nous blesser, avec énormément de bruit, au lieu de continuer nos études supérieures ou d'exercer nos métiers d’origine. On fait ce que les travailleurs français ne veulent pas faire. À chaque fois qu'un nouveau arrive, il ne reste pas plus de deux ou trois jours. »
« Comme si on n'était pas des humains. »
Cette main d’œuvre corvéable



