A Méaulte, ce mercredi, ils sont venus, ils sont tous là: les micros de Europe 1, les stylos du Parisien, les caméras de i-télé et y a même un gars de L'Huma. Demain dans leurs colonnes, et ce soir au jité, leurs reportages déborderont d'émotion ici, de colère à Saint-Nazaire, d'inquiétude à Toulouse. Mais les causes, en revanche, on ne les évoque qu'à demi-mots, ou derrière les embrouillaminis franco-allemands, ou on les passe carrément sous silence.
Car derrière l'affaire Airbus, se cache un nom au premier rang des coupables: Lagardère. Un nom qui détient des participations dans la moitié, environ, de la presse française – dont Le Monde, Canal Sat, Paris-Match, des dizaines de quotidiens régionaux, plus les médias cités plus haut. Un nom qui, en à peine un septennat, a transformé la poule aux oeufs d'or Airbus en un malade exsangue.
Autant pour le textile, on s'était résignés. Pour les lave-linge, les autos, même les chips, on acceptait doucement. Mais il nous restait les avions. Ca, c'était du solide. On se bâtissait un avenir là-dessus: avec "un triplement du trafic passagers d'ici à vingt ans", le secteur s'avérait en plein essor. D'autant que dans l'aéronautique, la Chine n'allait pas nous concurrencer avant longtemps.
Mais même ça, non, même ça, ils vont réussir à nous le bousiller. Même cette industrie de pointe, installée dans la Somme depuis 80 ans, presque le berceau, ils vont la délocaliser discrètement. P



