« Ce n’est pas normal de devoir payer pour travailler, non ? » Manuela est aide à domicile. Tous les jours, elle sillonne les routes girondines dans sa voiture pour se rendre chez ses bénéficiaires, pour accompagner au quotidien ces personnes âgées ou dépendantes. Aide au ménage, à l’alimentation, à la toilette. Mais même à travers le téléphone, je sens bien que les kilomètres avalés par sa Dacia Sandero bleue prennent une place grandissante dans sa charge mentale. Dans le métier depuis plus de 25 ans, Manuela travaille près de Bordeaux, mais couvre un grand secteur : « Notre structure gère une superficie de 40 kilomètres autour de Libourne, qui comprend Bergerac, Saint-André-de-Cubzac, Coutras, etc. On sait jamais où on va embaucher : moi, par exemple, je peux aller travailler à 50 km.
- Et tu fais combien de kilomètres à la journée ?
- Ça dépend beaucoup, mais ça peut monter à 600 km à la semaine… »
« Je peux pas le charger sur une trottinette... »
Forcément, une telle distance, ça pèse, au moment de remplir le réservoir quand l’essence ou le gasoil montent à 2 €, 2,20 €, 2,50 € parfois... Comme dans toutes les structures d’aide à la personne en France, son employeur lui verse une indemnité kilométrique, calculée à partir du nombre de kilomètres parcourus. Malheureusement pour Manuela, ces indemnités ne sont pas indexées sur le cours du pétrole : « Avant la crise, déjà à l’époque



