« J'ai attendu 1h00 du matin, j'ai mis un sweat à capuche noir, et j'ai commencé à distribuer les tracts dans les boîtes aux lettres, tout seul, jusqu'à 4h00 du matin. Quand une voiture passait dans la rue, je me cachais pour ne pas me faire voir. J'avais vraiment l'impression d'être dans l'illégalité, comme un délinquant ! » Antoine, résident de Camon, à côté d'Amiens, est un habitué des manifs : « contre la réforme des retraites, contre Donald Trump, pour le climat »... Mais ce jeune quadra, père de famille et journaliste dans la presse locale, n'est pas du genre à monter sur les barricades et haranguer les foules. Plus souvent à vélo qu'en voiture, il se définit, non sans auto-dérision, davantage comme un « bobo » que comme un Che Guevara. Surtout que Camon, « c'est une commune très CSP+, avec tous les clichés de la petite bourgade sympa. Et je suis fier d'y habiter ! ».
Depuis quelques années, Antoine affectionne aussi les Hortillonnages, ces 300 hectares de jardins flottants entourés de marais et de canaux qui valent à Amiens le surnom de « Petite Venise du Nord ». « J'y suis très attaché parce que j'ai une parcelle là-bas, et il n'y a pas si longtemps que j'ai vraiment découvert ce territoire qu'on nous vend à toutes les sauces, mais que finalement peu de gens connaissent. » Alors quand on lui parle du projet de Venise Verte, le volubile Antoine ne m



