« Je suivais un ado, il avait 14 ans, il avait une dent en moins juste devant. Il ne pouvait plus sourire, tout le monde se moquait de lui, alors il parlait avec la main devant la bouche, on ne comprenait rien à ce qu’il disait. Mais sa maman était désolée, elle n’avait pas les moyens de lui payer des soins et une nouvelle dent. Pour lui c’était terrible, en termes d’estime de soi. Il le vivait très mal… »
Au bout du fil, Ruby me racontait son quotidien d’éducatrice spécialisée. Et elle anticipait, déjà : bientôt, sur les plans sanitaire et dentaire, ce sera encore pire…
Quelques jours plus tôt, on discutait, à la rédac’, avec Clothilde, consternés de voir le décret passé en douce, pendant l’été, en plein mois d’août, au Journal officiel : la Sécu remboursera moins, désormais, les soins dentaires – nos soins dentaires. La prise en charge avait déjà été rabotée, tailladée, en 2023 : on était passés de 70 à 60 %. À partir du 1er janvier 2027, ce seront donc 50 %, voire 40 % seulement des frais dépensés chez le dentiste qui seront pris en charge. Tout ça pour « économiser » quelque 500 millions d’euros. Et ça concerne des soins de base, le traitement des caries, les détartrages et soins courants, les dévitalisations et extractions…
On espère que vous avez une bonne mutuelle – même si on sait que 2,5 millions de Français n’en disposent pas. Et que les tarifs, forcément,



