Un champ. Et un autre derrière. Des chapiteaux, des coins buvette et librairie... « Méga Canal, non merci ! », je peux lire au loin sur une bâche, à l’arrivée au point GPS du village, donné quelques jours avant sur une boucle Telegram.
C’est le bout du chemin, pour moi : je suis parti à 7h00 ce vendredi 10 juin au matin, train à Amiens direction Douai, pour rejoindre ensuite Villers-au-Tertre, dans le Nord. Ici, depuis la veille, des personnes de tous bords se rassemblent au cœur d’un village militant. Plus de deux cents personnes sont présentes. Au milieu de l’effervescence, Hélène, me salue, au loin : « On avait échangé par messages, ça va ? » On se pose sur une table, au milieu des animations.
Depuis vingt ans, Hélène vit sur l’eau. Son bateau est amarré sur la Vieille Oise, un ancien bras de rivière abandonné pour la navigation depuis plus de cinquante ans. À force d’être oublié, l’endroit est devenu un refuge pour la biodiversité. « Tous les matins, je me réveillais avec les oiseaux, la brise et la verdure. » Martins-pêcheurs, anguilles, hérons, insectes et végétation : la rivière a repris ses droits dans le "petit coin de paradis" d’Hélène. "Si on m’avait dit qu’il fallait quitter cet endroit pour respecter la nature, je l’aurais compris. Mais la quitter pour la massacrer et y construire ce canal commercial, ça me fend le cœur. »




