« La Rue de la Coulée, le Tunnel de la rocade... La Maine atteint un niveau historique, à 6,38 mètres, Angers est submergé par les eaux. Des images impressionnantes… » La rue de la Coulée, ça ne s’invente pas… Ce jour-là, au Brazza, bar-tabac de Méricourt (Pas-de-Calais), les images tournent en boucle sur BFM. Mais comme au JT de 20h ce soir-là, qui ouvrira sur les crues record en France, le mot « réchauffement climatique » ne sera pas prononcé. L’angle est toujours le même : le fait divers, le sensationnel. L’Observatoire des Médias sur l’Ecologie (AME) estime qu’en 2025 les sujets environnementaux ont représenté moins de 5 % du temps d’antenne à la télé et à la radio.
Climat : moins de 5% du temps d'antenne.
À Méricourt, dans le même bar-tabac, les clients défilent dans l’un des derniers PMU de la commune. Ils repartent tous avec leur petit colis sous le bras. Le gérant du bar me glisse : « Regarde, depuis toute à l’heure t’as que ça. Shein, Tému, Vinted. Tout le monde commande sur internet. Nous, on le voit bien, les colis, c’est ce qui marche. D’ici vingt ans, il n’y aura plus de commerce en France. » Marie et Daniel, un couple lensois installé à la table voisine, avec qui je discute depuis deux heures, abondent : « T’achètes un tee-shirt chinois à dix euros sur internet, c’est de la merde, mais c’est pas cher. Et ces tee-shirts à dix ball



