Grégory, je l’avais croisé au détour d’une mobilisation, et je lui avais demandé ce qu’il faisait. « Intérimaire », m’avait-il répondu. En réalité, il était plombier, un peu mécano aussi, mais il m’avait répondu « intérimaire » comme si je répondais moi-même « je fais CDD » ou « je fais CDI ». C’est étrange comme la condition intérimaire vient masquer tous les savoirs du salarié…
Je lui ai passé un coup de fil, pour en savoir davantage.
Où était-il aujourd’hui ? Toujours en intérim ?
Grégory : « Je vais peut-être être embauché, vraiment, chez Enedis. J’attends le résultat de l’entretien. Mais ça ne sera pas de la plomberie.
Fakir : Tu es en intérim depuis combien de temps ?
- Depuis 2009.
- Tu n’as jamais voulu ou pu obtenir quelque chose de plus stable ?
- J’aurais pu, peut-être, chez l’artisan, un type bien, même si le salaire était très bas. Mais on devait partir à la Réunion. A part ça, rien. »
La start-up nation de l’intérim
Je voulais commencer par le commencement, dans les années 90, l’école qui ne l’intéresse pas, l’absence aux épreuves du bac, les débuts comme gendarme adjoint, mais Grégory démarre par ce mois de septembre 2026 : il a travaillé chez un artisan plombier.
« Mais en fait, ce n’était pas un artisan. Il n’est pas du métier. Moi j’appelle ça un investisseur.
- Il a ache



