Pour mon deuxième jour chez Fakir, ça commence sur les chapeaux de roue : au beau milieu d’une manifestation, entre les pancartes, les tracts et les slogans, au milieu de ceux qui ont choisi de perdre une journée de salaire pour défendre leurs droits. Comme plus de 1500 personnes, Pauline a rejoint la place de la Maison de la Culture d’Amiens. C’est ici que je la rencontre, avec ses collègues de la FSU-SNUipp 80, syndicat des enseignants du premier degré du département de la Somme.
Ce qu’elle ne supporte plus à l'école ? Les moyens qui manquent, trop souvent inexistants, les classes surchargées, les élèves sans accompagnement requis, les heures de travail qui débordent largement du temps passé en classe… « Les enfants qui ont des besoins éducatifs particuliers, on n’a pas la formation pour les accompagner, donc on doit se former nous-mêmes sur notre temps personnel, par exemple. Un enseignant du premier degré, il travaille en moyenne 44 heures par semaine. C’est énorme. »
3090 €, vraiment ?
Et puis il y a le salaire. Pauline calcule : « Depuis 2010, on est à moins 24 % au niveau de nos salaires en tenant compte de l'inflation, et là, fin août, le ministre de l'Éducation nationale a annoncé qu'il gelait à nouveau les salaires des fonctionnaires… » Il y aussi ce chiffre, avancé cet été par le ministre : 3090 € net par mois pour les enseignants, soi-disant. « Pour la majorité du personnel, on e



