« Je suis instit’ à Pantin, on a dû acheter nous-mêmes les ventilateurs et les tuyaux pour arroser les élèves dans la cour. Vous vous rendez compte ? L’État ne nous abandonne pas que nous, hein. » En écoutant la radio ce matin-là, je me suis rappelé de Laurine, enseignante à Pantin, que j’avais rencontré en reportage le 25 juin dernier, au moment de la canicule peut-être la plus hardcore. Aux infos, un chiffre me fait tendre l’oreille vers le poste (mon téléphone, non plus la vieille radio des grands-parents qui grésille, ça a moins de charme, tout de suite) : « 400 euros en moins pour les enseignants en vingt ans. » Je me frotte les yeux, et me sers un café. Brûlant, toujours. Pas de doute, c’est la rentrée. Alors je reprends le travail, je fouille, je vérifie l’info, et tombe sur une pépite, un rapport de la Commission des finances du Sénat intitulé « Comparaison européenne des conditions de travail et de rémunération des enseignants. » Chacun ses passions…
La honte : un point d’indice congelé depuis 16 ans...
Ce rapport du Sénat, daté de 2022, pose un constat limpide : « Les enseignants français ont perdu entre 15 % et 25 % de rémunération au cours des 20 dernières années. Les salaires effectifs des enseignants français sont également en deçà du revenu du travail des actifs ayant atteint au moins le niveau licence, alors que le recrutement s'opère désormais au niveau master. (…) Les ré



