« Une livraison de 7 km, c'est payé 5 € en moyenne. La plupart du temps, je ne gagnais rien du tout. Avec le coût du gasoil, je perdais tout sur la route. »
Depuis qu'il a arrêté les livraisons sur Shopopop, Fadil (prénom modifié) n'a aucun regret. Si ce n'est de n'avoir rien trouvé de mieux à faire l'été dernier pour survivre… Tout juste arrivé à Rennes, l’étudiant, 23 ans, s'était inscrit en désespoir de cause sur cette plateforme de livraison de courses par des particuliers.
« J'ai cherché, cherché, cherché, je ne trouvais pas de travail à Rennes. Je suis tombé sur une vidéo TikTok qui expliquait le fonctionnement de Shopopop », raconte ce grand costaud, cheveux aussi longs que bruns.
« Je ne connaissais pas, j'ai fait des recherches, et je me suis inscrit parce que c'est super rapide, contrairement à Uber Eats qui demande d'acheter l'équipement de livreur. En plus, pour Uber, il faut faire une formation, acheter un vélo électrique, c'est galère... Moi, j'avais pas beaucoup de temps, avec les examens, les révisions, c'était juste pour dépanner et finir l'année scolaire. J'ai fait ma première livraison au bout de trois-quatre jours, juste à côté de chez moi, en voiture. Et j'ai continué tout l'été... »
Pendant trois mois, Fadil sillonne le sud de Rennes au volant de sa petite voiture, à raison de quatre à six livraisons quotidiennes. Plusieurs dizaines



