« Elle est repartie en disant “je ne vais pas augmenter le Smic.” » Elle, c’est Marine Le Pen. Reçue en 2023 par une quinzaine de chefs d’entreprise, la cheffe du RN se laisse convaincre par le lobbying patronal. « Nous lui avons expliqué que cela allait décaler les chaînes de salaire et que c’était une trappe à bas salaire pour tous. » C’est Sophie de Menthon, présidente du mouvement Ethic, l’une des courroies de transmission entre le capital et le RN, qui se vante de ce fait d’armes. Laurent Mauduit, l’auteur de Collaborations, enquête sur les milieux d’affaires et l’extrême droite, nous racontait ça à la rentrée. « Avant, on avait un entre soi des grands capitalistes parisiens. Aujourd’hui, oui, il y a des passerelles, comme Sophie de Menthon. Elle s’est mise au service de Marine Le Pen pour ramener des patrons vers le RN via sa plateforme patronale, Ethic. »
Dans un double mouvement de balancier, le RN se met au service du capital, le capital et ses médias se mettent au service du parti d’extrême droite, en le dédiabolisant, et en diabolisant la gauche. Mais un obstacle de taille se dresse sur la route du RN vers l’Élysée : comment conserver sa base populaire, ces classes populaires et les classes moyennes qui votent RN, tout en adoptant un programme allant contre leurs intérêts ? Ce numéro d’équilibriste tient entre autres dans la répartition des rôles entre Marine Le



