Quand j’ai parcouru le courrier de Julien, nous alertant sur la situation du service de psychiatrie de l’hôpital de Millau, j’ai eu, c’est vrai, une vision sommaire de l’affaire : un étage bientôt désert à l’hôpital, un médecin chef qui part en retraite, des lits qui ferment.
Et puis le rédac’ chef m’a dit « d’accord, vas-y, descends à Millau » : j’ai pris le train jusqu’à Montpellier, le froid m’a surpris, et le service de psychiatrie aussi.
Parce qu’il n’y a pas un service mais des lieux disséminés dans ce secteur de l’Aveyron, de Millau à Saint-Affrique. Des lieux qui ne ressemblent pas aux murs blancs d’un hôpital, plutôt une maison décorée de montgolfières.
David, Claire, Pauline, Marie-Caroline alertent. Y a des banderoles sur le rond-point de la place principale encore vide des touristes estivaux. Il leur manque des médecins psychiatres. La situation est urgente. Ça peut fermer ou passer à l’association privée Sainte-Marie qui gère les quatre autres secteurs de l’Aveyron. Ils sont inquiets de l’avenir. Et pourtant, je rencontre des soignants fiers de leur métier, heureux de dispenser des soins hors les murs, et des patients avec un même mot à la bouche : le lien, le lien, le lien.



