Vous avez peut-être vu passer le chiffre : six féminicides en neuf jours, cinquante-sept féminicides depuis le début de l’année selon le collectif Nous Toutes. On a voulu dépasser le simple décompte macabre, creuser les causes de fond et les solutions derrière l’hécatombe. On a pris rendez-vous avec Agathe Hamel, présidente pendant cinq ans de la délégation aux droits des femmes au Cese, le Conseil économique social et environnemental, et directrice du Centre d'information sur les droits des femmes et des familles à Clermont-Ferrand.
« 94 % des plaintes sont classées sans suite. »
Fakir : Les chiffres reviennent par vagues, avec ces six féminicides en neuf jours, récemment... Vous êtes actuellement, après être passée par le Cese, directrice du centre d'information sur les droits des femmes et des familles à Clermont-Ferrand. Comment les structures de terrain peuvent-elles lutter contre les violences faites aux femmes ?
Agathe Hamel : On est une structure qui identifie le continuum des violences : ça part du comportement sexiste, jusqu’aux féminicides. Un des gros enjeux, c’est croire et protéger la parole des victimes. Des violences qu’on n’arrive pas à endiguer : toutes les sept heures, une femme est victime d’une tentative de viol ou d’agression sexuelle dans ce pays. Et 94 % des plaintes sont classées sans suite. Du coup, beaucoup de femmes ne veulent plus aller porter plainte. Il faut



