« Oh Camille, tu veux un café ? Ici, c'est la tradition le matin !
- Vous buvez-pas de thé à Scop-TI ?
- Si, l'après-midi, et des infusions le soir, ça énerve moins. Mais le matin, on prend toujours un petit café pour la cohésion. »
Il n'est pas encore 8h00 quand Yves m'accueille sur le parking de Scop-TI. Depuis l'arrêt de bus, je n'ai pas eu de mal à trouver : il suffit de suivre l'odeur des aromates, du tilleul je crois, pour tomber sur l'usine, au cœur de la zone d'activités de Gémenos, à 25 km de Marseille. Sur le parking, donc, Yves, petites lunettes rondes et bonnet noir, m'invite dans un préfabriqué décoré du portrait du Che. Les équipes de 6h00 et de 8h00 s'y retrouvent, se chambrent, puis chacun traverse le parking pour rejoindre la ligne de production ou les bureaux à l'étage. Je passe une blouse et une charlotte jetables. « Je peux laisser mes affaires ici ? », je demande. « Vas-y, y a plus de patrons ici, donc plus de voleurs ! »
À la production, sur plusieurs dizaines de mètres, une succession de postes robotisés, des centaines de sachets qui défilent sur des tapis roulants, et des dizaines de boîtes de thé et infusions prêtes à partir aux quatre coins de la France.
« Ici, il n'y a pas de chef, on est tous responsables. »
Les sachets sont pour la plupart rangés dans des boîtes de marques distributeurs, Leclerc ou Carrefour, mais aussi de la mar



