Manifestations, interpellation d’élus… Quand le collectif « maternité à défendre » se monte fin 2022 sous l’impulsion d’habitantes du secteur, d’associations féministes ou de syndicats, se monte fin 2022, il pensait surtout lutter contre la fermeture de la maternité Saint-Louis de Ganges, près de Montpellier. Pas forcément récolter, aujourd’hui encore, les témoignages de femmes accouchant dans des conditions parfois dingues. Des histoires que Fakir a voulu entendre, pour comprendre ce que cache la fermeture brute et sèche d’un service.
Celle de Josepha, par exemple.
Josepha a 33 ans, elle est artiste dans le spectacle vivant et habitante de Montardier, sur le causse de Blandas, entre les Cévennes et le Larzac. Le 23 novembre, elle a accouché de son deuxième enfant au bord d’une route en tentant de se rendre à la maternité de Millau, à plus de 1h15 de chez elle. Elle avait pu vivre son premier accouchement, en 2021, à la maternité de Ganges, avant sa fermeture. « La route, ça va pas le faire, j'ai dû le répéter au moins quinze fois à mon mari. On avait roulé quarante minutes, à peine un peu plus de la moitié du trajet et c’était déjà le moment. Alors je me suis mise sur la banquette arrière, à moitié à quatre pattes… »
« En une poussée, il voit la tête… »
« La porte était ouverte, sinon je n’avais pas assez de place, mais comme on était un 23 novembre sur le plateau du Larzac, il faisait 1°C !



