« Ils viennent pour “casser du pédé”. Quand ils rôdent dans les rues, ils cherchent des signes qui montrent que les gens sont de gauche. » Mélanie* lève les yeux au ciel.
Depuis quelques semaines, les faits de violences contre les personnes LGBT se multiplient dans les rues d'Amiens. On a retrouvé Mélanie dans un café à deux pas de la rédaction pour qu’elle nous explique la situation. Elle fait partie du collectif de drags de la ville. « Il y a un groupe d'individus se revendiquant d’extrême droite qui se déplace dans Saint-Leu, le quartier festif d’Amiens, et nous agresse. Des personnes ont reçu des coups, d’autres ont eu le nez en sang, et une autre a eu le tympan perforé… »
La police : « Si on ne peut plus rire de rien… »
Elle est remontée, Mélanie. La veille de notre rencontre, elle a participé à une réunion avec les adjoints municipaux concernant les violences, pour voir quelles solutions pouvaient être envisagées pour protéger les victimes. « Et devine quoi ? La police était la grande absente de cette réunion ! » Tellement remontée qu’en levant ses mains pour montrer sa colère, elle renverse le café à peine servi. Par chance, sa cravate et sa chemise bleue ont été épargnées par les gouttes. « Les personnes victimes des violences ne déposent pas plainte car elles ne se sentent pas prises au sérieux par la police. Une fois on leur a demandé les vêtements qu’elles portaien



