Fakir : Comme plusieurs étudiants et intervenants qu’on a rencontrés à la ferme, à l’Université de la paysannerie et de l'artisanat (UPA), tu as abandonné ton métier d'ingénieure, il paraît ? Qu'est-ce qui n'allait pas ?
Maëla Jaouën : « J'ai travaillé pendant une quinzaine d'années dans l'industrie. Dans ma dernière entreprise, une PME de la biométhanisation en Rhône-Alpes, j'éprouvais un manque de sens, et une grosse pression. On était seize quand j'ai rejoint ce qui était alors une startup, 350 quand je suis partie ! J'avais une équipe de 70 personnes à manager. Je travaillais le week-end, j'avais des astreintes, au final pour quoi ? J'étais bien payée, mais il n'y avait pas de reconnaissance, on se faisait taper dessus au moindre truc de travers, et personne ne nous disait ce qu'on faisait de bien, alors qu'on a tous besoin de l'entendre. C'est le souci des entreprises dans l'environnemental, le RSE : il y a toujours un moment où il faut être très réactif, performant, dans la compétition. C'est une course effrénée, dans un monde capitaliste, et on est un paquet à se dire stop, c'est plus possible, il faut remettre du sens. Il était temps de faire un truc qui me convenait vraiment, et faire quelque chose de mes mains.
« On se faisait taper dessus au moindre truc de travers. »
Fakir : Et pourquoi la boulangerie ?
Maëla Jaouën : Je fais du trail, de la course en nature, et j'ai pas mal échangé avec une mic



