« Je voyais jamais le soleil ! Je me suis dit : “C'est pas possible, je vais pas rester trente ans assise huit heures par jour derrière un bureau orienté nord !“ » À Néhou, au fin fond du Cotentin, Charlie, pas encore 30 ans, fait partie de la deuxième promo d'« étudiants » accueillis à la ferme Hébé, un Groupement agricole d'exploitation en commun (Gaec). Pendant cinq semaines, ces jeunes adultes de 24 à 40 ans sont logés, nourris, et initiés gratuitement aux métiers de la paysannerie et de l'artisanat. En cet après-midi d'avril, Charlie, fines lunettes noires, bonnet bordeaux et tatouages fleuris sur le bras, fait du rempotage avec ses cinq camarades de promo. Même en Normandie, il fait déjà chaud sous la serre baignée de soleil.
Comment ils sont arrivés là ? Par le bouche à oreille, uniquement. Combien ils payent pour tout ça, y compris être encadrés par Flo, salarié, Manu et Aurélien, les associés, et les autres intervenants ? Rien. « On n’a rien à y gagner, mais rien à perdre non plus… », avait souri Jean-Sébastien, le propriétaire des lieux.
Pour Charlie, l'atelier rempotage, au contact de la terre, la sort totalement de ce qu'elle faisait il y a encore un an, dans son ancienne vie. « Je bossais pour une grosse communauté urbaine comme géomaticienne, au service cartographie. Au fur et à mesure, je me contentais de valoriser la donnée, un travail 100&



