La crise ?
Quelle crise ?
557 milliards d’euros, c’est le pactole empochés par les 500 plus grandes fortunes du pays depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron.
Et parmi les cadeaux distribués, il y en a un, particulièrement onéreux, qui passe sous les radars du débat public.
C’est pourtant le premier budget de l’État, bien devant la dette dont on nous rebat les oreilles à longueur d’antennes, bien devant le budget de la Défense… Non, ce qui coûte le plus cher chaque année à l’État français, ce sont les aides aux entreprises ! (Voir notre graphique ci-dessous).

Chiffres pour l’année 2023 issus du rapport d’enquête sénatorial dirigé par le sénateur Fabien Gay publié en juillet 2025.
Beaucoup d’aides… et plein de dividendes pour le CAC 40 !
C’est la conclusion d’un nouveau rapport, « Les aides aux entreprises : définition, périmètres, cadre de suivi et d’évaluation », publié ce 17 juillet 2026 par le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP), rattaché à Matignon, et piloté par Clément Beaune, ancien ministre et conseiller spécial d’Emmanuel Macron : 187 milliards d’euros sont dépensés chaque année en aide aux entreprises. Dont la moitié part directement dans les poches des grands groupes, si on se réfère au ratio indiqué l’an passé par le gouvernement. Des grands groupes qui ont battu tous les records de dividendes versés aux actionnaires en 2025, avec quelque 108 milliards d’euros versés aux actionnaires en dividendes ou en rachats d’actions.
Grosso modo les aides qu’ils touchent de l’Etat, donc…
Sans contrepartie, je fais des profits…
L’an passé, il y a tout juste un an, on vous parlait déjà du sujet dans ces colonnes, à la sortie du rapport sénatorial piloté par Fabien Gay, et de ce chiffre fou : 211 milliards d’euros dépensés chaque année sans contrepartie en aides aux entreprises. L’association Attac voit dans ces deux chiffres proches une confirmation : « Les aides publiques aux entreprises coûtent un pognon de dingue pour une efficacité non réellement mesurée. »
Pour rappel, France Stratégie, institution elle-aussi rattachée à Matignon, qu’on peut donc difficilement soupçonner de communisme, pointait déjà dans un rapport la folie du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE, transformé depuis, pour que ça se voie moins, en baisse de cotisations) : un coût cumulé de 20 milliards d’euros chaque année, pour seulement 100 000 emplois créés ou sauvegardés (au grand maximum). Ça fait cher l’emploi ! Surtout quand le Medef et le CAC 40 refusent en permanence tout interventionnisme de l’Etat dans l’économie…
Des mesures pour limiter l’hémorragie.
Des associations comme Oxfam ou Attac, des syndicats comme la CGT ou la Confédération paysanne, portent des mesures pour tenter de limiter l’hémorragie : obligation de maintenir l’emploi lorsque des aides publiques importantes sont versées, interdiction ou limitation des licenciements économiques après perception d’aides publiques, transparence entreprise par entreprise, remboursement des aides (« clawback ») lorsqu’une entreprise délocalise, fermeture d’un site qui ne respecte pas ses engagements, exiger des contreparties écologiques, limitation ou interdiction des aides publiques aux entreprises qui en profitent pour gaver leurs actionnaires de dividendes…
On y croit, à ces formules de bon sens. Mais on doute que ça se produise avec ce gouvernement et avec ce Président à la tête du pays…



