« Je n’avais plus de salaire. L’assurance me prélevait directement dessus, sans même me prévenir par courrier recommandé. Et la CPAM ne me payait plus, parce que l’accident n’était pas reconnu. »
Quand j’interroge Stéphane (même si c’est pas son vrai prénom : il a peur d’être reconnu), au début, je suis perdue. Il me parle d’une dette auprès d'une assurance, d’absence de salaires, d’entretiens avec cinq médecins du travail, d’indemnités journalières, de courriers, de chantier à finir, de 20 % d’invalidité pour son genou gauche. Cinq ans comme ça, le nez dans la complexité des démarches et les genoux en vrac.
Moi, j’y suis depuis cinq minutes seulement, et je suis déjà paumée.
C’est la panique !
Quelques mois plus tôt, juin 2026. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, veut que la branche de la Sécu appelée AT/MP (pour « accident du travail et maladie professionnelle ») fasse des économies. Elle est déficitaire, après des années en excédent : + 1625 millions d’euros en 2022, et encore 686 millions d'euros d'excédent en 2024.
Mais cette année-là, pour la première fois, les indemnités journalières versées pour les arrêts de travail de la branche AT/MP sont en hausse : 10,8 % par rapport à 2023. Logique : le travail, les gens en souffrent, de plus en plus. On vous a déjà raconté ça ici ou là, et dans bien d’autres



