Amiens, le 4 mai 2026.
« Ça fait longtemps qu’on n’a pas tapé sur La Poste ! »
Lundi midi, en conférence de rédaction, cette phrase sort de ma bouche au moment de proposer des sujets pour les prochains numéros. Pendant que Maëlle et Pierre se marrent, Cyril, le rédac’ chef, cherche à comprendre : « Mais on n’a jamais “tapé” sur La Poste, pourquoi tu dis ça ?
— Bah si, les centaines de courriers jetés dans la forêt par des intérimaires exploités, la factrice qui se plaignait des tournées délirantes décidées par tableau Excel, tu te souviens pas ? Dernièrement, on a épinglé la SNCF, France Travail, les préfectures, et j’en passe, mais y a sûrement d’autres scandales à déterrer du côté de La Poste, non ? »
Bon, autant vous le dire de suite : je n’ai pas eu gain de cause ce jour-là.
Mais si je vous en parle, c’est parce que la faillite des services publics finit toujours par apparaître à un moment ou un autre dans nos enquêtes. C’est une élève handicapée sans accompagnante à la rentrée parce que le rectorat n’applique pas la décision de la MDPH ; un salarié en arrêt maladie sans indemnité à cause d’un bug du nouveau logiciel de la Sécu ; une travailleuse étrangère privée de boulot parce que la préfecture n’a pas renouvelé sa carte de séjour à temps... Au milieu de ces drames humains, les agents publics sont désignés comme coupab



