Amiens, le 3 juin 2026
« Ça fait deux heures que je suis là, je vais bientôt faire l’autre rive. » Il fait chaud, en ce mercredi soir. Alors, pour rentrer de Fakir, je décide de passer par le parc Saint-Pierre, le long de la Somme, profiter brièvement de l’ombre des arbres. C’est la canicule, les passants soufflent, et pourtant, un jeune pêcheur se tient seul sur la rive du canal, en plein cagnard.
Valentin n’est pas un pêcheur comme un autre : au bout de sa corde orange, y a un aimant. « Là c’est un aimant de 650, ce qui veut dire qu’il peut rester accroché à une masse de 650 kg. » D’une gestuelle millimétrée, il le lance dans le canal, attend quelques secondes, puis le ressort en même temps que plein de déchets métalliques.
« Mais… tu cherches des trucs un peu précieux ?
— Pas forcément : je fais ça principalement pour dépolluer. »
Il chope l’aimant, en retire une petite tige métallique et une pièce de monnaie, qu’il dépose à côté, sur un petit tas. J’examine son butin du jour.
« Et qu’est-ce que tu as trouvé aujourd’hui ?
— Une cigarette électronique, des barres de fer, des clous, des pièces, et beaucoup de piles aussi, ça j’en ai vraiment tout le temps. »
C’est un peu troublant de se demander comment ces objets se sont retrouvés ici, au fond d’un cours d’eau. Bien sûr, il y a la thèse de l’accid



