Onanisme et libéralisme
Paris Match, 29/10/25.
L’hypocrisie de certaines expressions m’étonnera toujours. Pour une fellation (cf. Bill Clinton), ou même un viol (cf. Dominique Strauss-Kahn), les journalistes évoquaient des « relations inappropriées ». Pour des femmes qui dévoilent leur intimité, on parle de « créatrices de contenus », sur Mym, une plateforme française, ou sur OnlyFans, à l’international. OnlyFans, c’est 380 millions d’abonnés qui consultent les sites de cinq millions de « Camgirls » et/ou productrices de porno amateur. La plateforme a généré un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros en 2025, en augmentation de… 2000 % en quatre ans. Mym a de son côté intégré la « French Tech 120 », un dispositif du gouvernement qui « accompagne les entreprises de la Tech les plus prometteuses ». Mais pas les plus éthiques, a priori : des comptes ouverts par des mineurs y sont régulièrement découverts – ce qui tombe sous le coup de la loi.
OnlyFans, c’est donc un peep-show 2.0, mondialisé, où le top 0,1 % des « créatrices » captent 76 % des sommes versées par les abonnés. « Adixia », de l’émission Les Ch’tis, sur W9, encaisserait en moyenne 25 000 € par mois en « postant des contenus exclusifs » entre lingerie et pornographie. Loin toutefois de ses collègues qui gagnent jusqu’à 80 000 € mensuels. Les 50 % les moin



