« On ne sait pas quoi semer, on ne sait pas comment travailler. Le climat a tellement changé. Nos sols…. Moi, je ne reconnais pas ma terre. Quand je gratte mes champs, les outils s’enfoncent tellement elle est sèche et légère, les tracteurs s’enfoncent beaucoup trop profond. La terre est cuite… »
Ce matin de septembre, une fine pluie tombe sur Angoulême. Dessinés sur le vaste mur d’un immeuble de la capitale de la BD, Lucky Luke et les Dalton commencent à prendre l’eau. Comme mon sac, qui contient pourtant la caméra et les micros Fakir. Argh…
Mon rayon de soleil : je vais rencontrer Laurent, agriculteur en Charente, qui lui attendait la pluie depuis des mois.
C’est Agnès, militante au sein de l’association « Bassines non merci » (voir notre article sur Sainte-Soline), qui m’avait donné le contact de Laurent, paysan à Villefagnan. Dès les premières secondes, au bout du fil, ses paroles m’avaient interpellée : « On est désarçonnés. Tout le monde. On a des idées, des solutions, pour la renaturation des sols, pour retenir l’eau, pour remplir nos nappes, mais là… avec une sécheresse comme ça… on n’a pas le temps de les mettre en place partout. Ça fait très peur. Ça nous saisit. »
« La terre est cuite »
La ferme de Laurent est située au nord de la Charente, près des rivières de l’Aume et de la Couture. Je me gare dans l’allée : le temps d’un trajet en voiture, la pluie s’est malheureus



