Il a gravi les échelons, réussi ses examens, encadré des équipes sur le RER D, à Paris. Puis la maladie s'est invitée. En 2014, Stéphane découvre qu'il est atteint d'ataxie de Friedreich, une maladie neurodégénérative rare. « Concrètement c'est de grosses difficultés au niveau de la coordination des membres, surtout inférieurs, après il y a aussi une dysarthrie [NDLR : un trouble de la parole]… » Pour qu’il puisse continuer à travailler, on envoie Stéphane, 25 ans de carrière, à Chambly dans l’Oise, dans un établissement industriel (EIV).
« Contente d'avoir un boulot et puis tais-toi. »
Après le dossier du dernier numéro sur les (nombreux) problèmes de la SNCF, on a encore reçu des témoignages. Stéphane, par exemple, interpellait Fakir pour témoigner de la discrimination subie par les travailleurs handicapés. Je l'ai rappelé deux jours après. Ce Réunionnais est en Métropole depuis 2001 - il a quitté l’île après avoir été embauché par la SNCF. Cheminot, contrôleur puis manager, il prétendait même à un poste de cadre mais son évolution s'est arrêtée net. Quand le médecin lui annonce qu'il doit revenir dans l'Oise et prendre un poste adapté, c'est un nouveau métier, mais surtout un retour à quai. Car cette nouvelle affectation est devenue son « placard ». « J'erre de mission en mission, mais ça n'a rien à voir avec mon métier précédent. C'est déjà compliqué psychologiquement d'appréhen



