« Pour faire ce métier, vaut mieux être célibataire… Mais j'aimerais faire reconnaître
ce métier essentiel dans notre société d'hyperconsommation où l'on ne parle de nous que si on ose faire la grève… Vive la décroissance ! »
Ça fait dix-huit ans que Vincent bosse pour Sud-Est Assainissement, une filiale de Véolia propreté. Une multinationale privée, donc, qui sert plusieurs clients, entreprises ou collectivités publiques, sur la Côte d’Azur. Son mail, où il évoquait mille sujets en quelques lignes, nous avait intrigués. On lui a passé un coup de fil, « à 9h00 du matin, les gamins seront à l’école », avait-il demandé…
« Je suis chauffeur poids lourd polyvalent, je travaille sur les BOM…
- Les quoi ?
- Les BOM, pour Bennes à ordures ménagères. Comme je suis ancien, je connais les tournées, les trajets, du coup je suis au volant. Les gars derrière la benne, qui chargent les poubelles, c’est les rippers… »
Autour d’eux, c’est le bal des invisibles. « Le matin, à 4h00, la plupart des gens dorment, mais nous on voit tous ceux qui sont déjà dehors, tous les autres travailleurs indispensables, chauffeurs-livreurs, personnel de ménage, infirmiers, aides-soignants, chauffeurs de bus, ceux qui livrent les cantines des gamins… Il faut reconnaitre leur utilité, leur participation au bien commun, à tous ces gens. »
Un diplôme, mais pas de boulot.
Fakir : « 



