« C’est important de savoir que les banques sont au cœur du réacteur. Ce sont elles qui font circuler l'argent. Elles ont les mains sur la manette. Elles peuvent décider de financer le renouvelable, et pourtant, elles se tournent vers l’exploitation des énergies fossiles... » Au téléphone, Rémi Hermant, chargé de campagne chez Reclaim Finance, balance entre pédagogie et consternation, quand il détaille le poids des banques dans l’exploitation des énergies fossiles. C’est que le monde de demain semble s’écrire dans les bureaux des maisons-mères des établissements bancaires, en grande partie.
Rémi Hermant reprend. « Dans cette exploitation du fossile, il faut distinguer trois niveaux. D’abord l’upstream, pour tout ce qui concerne l’extraction de la richesse minière. Le midstream, le transport de la marchandise. Et le downstream, l’usage final de cette énergie fossile. Or les banques, elles, sont impliquées à chacun de ces niveaux. »
Banques et investissements fossiles : késako ?
Dans les faits, les banques mondiales investissent deux fois plus dans les énergies fossiles que dans les renouvelables. Entre 2021 et 2024, les 65 plus gros établissements ont investi 2785 milliards d’euros dans les énergies fossiles, contre1160 milliards d’euros dans les renouvelables. Les sommes mises sur les énergies fossiles sont même en augmentation, pour les deux tiers d’entre eux. La moitié est directement destinée à l’expansion



