« En Martinique, chaque semaine, une famille perd son bébé. Deux en Guyane. » Mathilde, présidente de Zétwal An Syel, une association martiniquaise d’accompagnement au deuil périnatal, ne découvre rien dans les chiffres publiés par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS). « Ce rapport ne fait qu'appuyer nos constatations de terrain », dit-elle.
Outre-mer, la mortalité infantile est deux fois plus élevée qu’en Hexagone. C’est en tout cas le constat alarmant dressé par le rapport, paru en catastrophe le 4 août dernier - après que le Canard enchaîné a révélé qu’il avait été remis dès le mois de janvier au ministère de la Santé…
Selon les chiffres, le taux de mortalité infantile (mort du nourrisson survenant avant ses un an) entre 2004 et 2022 est deux fois plus important dans les DOM avec 8 décès pour 1000. Dans l’Hexagone le taux est de 3,5 décès pour 1000.
Au téléphone, Mathilde reprend la discussion et nuance d’emblée : « Il faut prendre en compte qu’il y a moins de naissances, donc forcément le taux est plus haut. »
Fondée en 2020, Zétwal an Syèl (ZAS) est à ce jour l’unique structure régionale dédiée à l’accompagnement des publics touchés par le deuil périnatal et à la sensibilisation de la population martiniquaise sur cette thématique. D’après la définition de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le deuil périnatal concerne la mort d’un fÅ“tus Ã



