« Ce qui est grave, c'est qu'elle peut le croiser tous les jours… »
Lundi 22 juin, 19h40, devant le palais de justice d’Abbeville
« Je suis la grand-mère de deux victimes d’inceste. Ma petite-fille et mon petit-fils sont les victimes d'un homme qui était respectivement leur père et beau-père. Il est passé aux Assises au bout de six ans, et a été condamné à huit ans de prison. Mais il a fait appel, et au bout de deux mois, il est sorti de prison », nous raconte Sonia, la gorge nouée.
Comme chaque lundi depuis début juin, une cinquantaine de personnes se rassemblent, le soir, devant le palais de justice d’Abbeville pour réclamer une loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles, suite à l’affaire Lyhanna. Pour les Abbevillois comme pour Sonia, c’est « l’injustice de trop »…
Je l’avais repérée au loin, Sonia, avec son tee-shirt blanc, floqué « STOP À L'INCESTE - Je te crois, te protège, ET J'AGIS »Elle reprend le fil de notre conversation. « Le père, donc, en ce moment, il est en liberté conditionnelle, à Abbeville. Récemment, je l'ai vu passer devant le collège de ma petite-fille, parce qu'il a inscrit son enfant dans le même collège. Donc ce qui est grave, c'est qu'elle peut le croiser tous les jours. Alors maintenant, pour ne plus le voir, il faudrait qu'on parte d’Abbeville. »
Elle marque une pause. « Mais ce n'est pas à nous de partir. »
Sonia et ses camarades o



