« On a élevé nos enfants dans le restaurant, on faisait les devoirs dans la cuisine, on pensait qu’en voyant notre rythme… Et mon fils est serveur. Il a 42 ans, c’est un beau gars, mais je lui ai dit de faire gaffe : ses copines lui reprochent de ne jamais être là. La vie des serveurs et des cuistots, on n’en parle jamais mais ça te ferait un beau sujet... » Ouigo a encore frappé : à Niort, la « ventilation défectueuse » dans mon wagon m’avait poussé au covoiturage et fait rencontrer Assane, ex ouvrier Amazon. Il m’avait raconté les 140 colis par heure chez Amazon, les « nouveaux ouvriers à la chaîne ». Grâce à Ouigo, nouvelle rencontre, nouveau périple. Cette fois-ci, c’est mon train Brest-Paris qui a sauté, la veille au soir, par un texto laconique : « Attention, votre trajet est supprimé. » Un seul train est encore disponible, et on comprend pourquoi : il passe par Folligny (Manche), 110 euros pour un trajet de plus de huit heures, arrivée à 23h30 à Montparnasse. Le bus ? Encore pire : 129 euros pour plus de dix heures de route.
« Un fou, caractériel, obsédé par les détails, mais il avait des doigts en or. »
Heureusement, je trouve un covoiturage au départ Brest pour Paris, sept heures et demie de route sans passer par l’autoroute, pour moins de soixante balles ! Étant donné l’état du marché, ça



