Jean-Marc a démarré sa "carrière" au début des années 80, à la sortie du lycée et sans diplôme : il vivait alors pour la musique et se rêvait rocker. Voilà qui le conduit, boulot alimentaire, dans les conserveries du Santerre, qui recrutaient encore à tour de bras. Mais le temps passe, il se lasse, et s'imagine mal quarante années à la chaîne dans les petits pois-carottes...
Jean-Marc : Après une formation à Amiens-Avenir-Jeunes, je suis entré à Poiret-Choquet, mais la librairie était déjà menacée par la concurrence de Martelle. Le patron a préféré dispatcher le travail sur les collègues, moi, le dernier arrivé, j'étais le premier sorti. J'ai été vite repris dans un centre de traitement, chez Decomble, qui distribue les points presse. Mais au bout de quatre mois, j'ai démissionné. Une erreur, peut-être, mais je ne regrette pas: l'ambiance était détestable, Dupont-Lajoie, tu vois, propos méprisants sur les femmes, sur les arabes... Bref, j'ai opté pour le RMI plutôt que de supporter ça...
Fakir : Une décision pas sans conséquences?
J-M : C'est là où j'ai commencé à enchaîner jusqu'à maintenant une série de stages de "remise à niveau", "en situation" etc. S'ajoute alors un problème de logement: j'habitais à Henriville, pas loin de la maison Jules Verne. La proprio fait passer chez moi un promoteur me faisant croire qu'il s'agissait d'un assureur. En fait, il évaluait le potentiel du lieu. Le mois suivant, mon loyer a



